Un film documentaire de Michel Favre d’après une idée originale de Fabiana de Barros. Présenté en compétition internationale au festival Visions du Réel, Nyon, 2006.
Introduction
Il y a les histoires que l’on se raconte en observant une image et les
images mentales que l’on se fait en écoutant une histoire.
Assis à l’arrière d’un taxi qui traverse São Paulo, des passagers sont
invités à raconter des histoires à partir d’images qui leur sont
présentées et que nous ne voyons jamais.
Les narrations qui en découlent sont uniques et révèlent leurs auteurs
autant qu’elles dévoilent un aspect de la ville qui défile derrière eux.
En recherchant dans São Paulo des situations qui répondent à ces
histoires, le cinéaste nous invite à un parcours tourbillonnant dans la
ville, fait de situations absurdes ou graves, entre le réel et
l’imaginaire de chacun de ceux que l’on croise. Le film « L’image à
paroles » est construit en couches successives qui en font une
expérience sensorielle et émotionnelle unique, libérée des contraintes
thématiques propres au genre documentaire.
Un film fait avec le réel comme personnage pour mieux nous immerger dans l’imaginaire.
Le début du film:
Fiche technique
L'image à paroles, un film de Michel Favre.
2006, Suisse/Brésil, Beta Digital, 90 minutes. Noir/blanc et couleur.
Dialogues en Portugais, Espagnol et Anglais avec sous-titres en Français (sous-titres en Anglais, Allemands, Espagnols ou Portugais disponibles).
16 :9 full anamorphic, stéréo Dolby ProLogic 2 (Surround 5.1disponible sur DVD)
Scénario : Fabiana de Barros & Michel Favre
Réalisation : Michel Favre
Images : Heloisa Passos, Denis Jutzeler, Ulrich Fischer et Michel Favre
Sons : Tide Borges & Lia Camargo, Michel Favre
Producteur délégué : Ulrich Fischer
Production exécutive Brésil : Daniela Capelato
Montage : Michel Favre & Bruno Saparelli
Musique : Banda Naffta
Mixage : Yannick Dumartineix
Avec : Fabiana de Barros, Wesley G. Morgan, etc
Une production : Perceuse Productions Image / Ulrich Fischer
En coproduction avec : Tradam SA et STV São Paulo – Rede SescSenac de Televisão
Avec le soutien de:
Ville de Genève – Département des Affaires Culturelles et Fonds Regio
Avec la participation de Télévision Suisse Romande (TSR) une entreprise de TSR SRG SSR idée suisse
Festiivals
1e mondiale le 25 mars 2006, Festival « Its All True », São Paulo, Brésil
Festivals :
« Its all True », São Paulo, Brésil, mars 2006
Visions du Réel », Compétition Internationale, Nyon, Suisse, avril 2006
« Cinema South Festival», Sderot, Israel
« 30° Mostra de São Paulo», Comp « Novos Diretores », São Paulo, Brazil
« DocuDays », Beyrouth, Liban
Droits mondiaux et ventes TV :
Tradam SA
36, ch. De l’Etang
CH – 1219 Châtelaine
info@tradam.ch
Tel.: +41 76 451 66 89
Fax : +41 22 344 66 82
www.imageaparoles.com
Distribution en Suisse Docufactory
Ackerstrasse 57
8005 Zurich
Suisse
info@docufactory.ch
Tel+fax : +41 44 5866476
www.docufactory.ch
Texte Critique
«Dis-moi de quoi tu rêves et je te dirai qui tu es » semblent dire de concert Michel Favre , réalisateur du film, et Fabiana de Barros, artiste contemporaine. C’est chez elle qu’est née l’envie de ce projet ludique baptisé AUTO PSi. Et c’est lui qui filme la réponse que donne São Paulo, à travers les rêves secrets de ses habitants.
Ecouter (parler) les images.
« Psi! Psi! Psi! C’est ainsi qu’on hèle un taxi dans la rue à São Paulo. Mais qu’arrive-t-il lorsque le taxi qui s’arrête est une auto-psi? Montez! Montez! On peut regagner le temps perdu dans le embouteillages en se livrant à un jeu: Je vous mène où vous voulez en ville. Ma Ville, votre ville, São Paulo. Vous ne payez pas la course, mais en échange vous me racontez une histoire. Je vous montre une image et vous me racontez l’histoire qu’elle vous inspire: une auto psychanalyse sans douleur et sans prix.» Autant de trajets, autant d’histoires confiées dans l’intimité du cocon automobile. On découvre São Paulo comme vu au travers d’un scanner qui découpe la mégapole en tranches de vie que recueillent les caméras de Michel Favre.
On voit se dessiner en creux, tout au long des rencontres du film, une vie urbaine faite d’histoires et d’aventures simples et touchantes. En même temps, un long travelling détaille la vie des rues autour du taxi. Les vendeurs ambulants, les magasins les plus incongrus et les passants toujours pressés défilent en arrière-plan. Autant de vues et autant de vies sur lesquelles Michel Favre jette un regard intime; celui d’un étranger qui s’aventure là où les Brésiliens eux-mêmes ne pensent pas à s’arrêter, ne pensent pas à regarder et ne pensent pas à écouter. Sa caméra se promène le long de ces «No man’s land», boulevards périphériques, ruelles tortueuses et carrefours de quartiers excentrés, mettant en lumière son impression propre de São Paulo, comme un écho aux confessions et aux drames qui se confient à l’arrière des taxis.
Les sources du film «l’image à paroles» sont multiples. Il ne s’agit pas seulement du portrait d’une ville, de la chronique d’une expérience artistique ou d’un jeu psychologique qui montre l’ampleur de l’imagination humaine, mais aussi d’un documentaire pétri d’affection et de poésie. Une déclaration d’amour à une ville.
La musique.
São Paulo reste la ville emblématique du rock brésilien. Le genre y est né dans les années 60 et, aujourd’hui encore, les vibrations électriques et les rythmes lourds y résonnent à merveille. Michel Favre a demandé à Naffta, jeune groupe typique de São Paulo, de composer une chanson pour le film. Ici, point de samba et de plage, mais de forts relents de cultures urbaines, entre guitares électriques et textes rap scandés : «En passant par les banlieues, je vois les personnes couchées dans le caniveau, cherchant où dormir, quoi manger, sans savoir s’ils vont vivre jusqu’au prochain lever de soleil....»